Alors comme ça ma vie est une pelote de laine? De toutes petites fibres que l'on ne doit pas sous estimé. D'une couleur un peu trop effacée peut être, mais qui te reste dans les ongles, jusqu'à t'en faire baver. Aujourd'hui, j'ai bien envie de décortiquer ma vie, comme ces collégiens disséquant une toute petite souris.
Scalpel en main, je suis prêt à m'ouvrir à moi même. Faire face à mon passé, mon présent ainsi que mes vices les plus obscurs...
ça m'effraie légèrement... Je me mentirais en disant que je suis assez fort pour affronter l'infame créature cachée au fond de mes entrailles. Je me lance, première incision, une foule de souvenir me sautent à la gueule, la famille, l'amour naissant ainsi que l'image de ce petit con qui m'a collé mon premier cocard dans la gueule... C'est parti pour la boucherie...
Je n'ai pas eu besoin d'attendre pour voir qu'à l'intérieur il n'y avait que de la douleur. Y'a ce vieil adage qui dit que c'est facile à dire mais trop dur à faire, moi je fonctionne à l'envers je sais agir mais mettre les mots sur cette action, c'est bien plus difficile. Je décortique ma vie, je décortique ma vie en public. C'est le fait divers du mois, je me dois d'être attrayant. Alors je prends cette bouteille d'acide, l'ouvre & sans un mot renverse le liquide sur la première blessure. Tous mes amours m'ont quitté, ce n'est plus un secret, regardez moi j'avais tout garder, vous voyez ça ne veut même pas s'échapper. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir essayer. On ne réussit pas toujours tout.
La pudeur s'efface, ce silence omniprésent semble avoir trouvé les cordes vocales qui lui manquaient jusque là. La nudité se montre enfin, la petite vierge effarouchée qui me dominait encore hier s'est suicidée... Je me retrouve seul alors pourquoi ne pas faire profiter tout ces gens qui me regardaient sans relache ? S'ils s'y attendaient tous ces cons... Ahah ! regardez vos gueules. Je vous fais peur ? Qu'importe, maintenant que j'ai commencé le spectacle je vous prie de vos asseoir. Préparez le pop corn et fermez vos gueules ! Vous n'êtes là que pour admirer et non pour juger.
Peut être finirez vous par me plaindre. J'ai bien dit peut être. Je pourrais retenir le sang, mais ce n'est pas aussi facile que ça. J'ai jamais été très bon élève, j'ai foutu sous le placard les cours de sciences, le corps humain est pour moi un vrai mystère. Ma pelote commence à devenir si froide qu'il est pour moi difficile de l'affronter. Si j'avais pu, si j'avais osé, j'aurais inventé le cri & le mensonge. J'aurais pu dire, allez-y volez, à toutes mes amoureuses, ces pauvres gamines trop frêles & trop fragiles. Je vous aimes encore, parce qu'avant vous je n'avais rien.
Je ne peux plus faire face, mes yeux cherchent quelqu'un ou quelque chose pouvant m'aider. Je suis trop faible pour me faire face mais je ne veux pas que l'on m'aide non plus... Moi qui voulais décortiquer ma pelote, j'ai fini par me mêler à elle, Je ne peux plus m'échapper. La folie s'empare de moi, je trouve un briquet dans la poche de ma veste, cette flamme peut servir à quelque chose. Si j'allume cette horrible pelote tout sera fini, mes souvenirs, mes émotions, tout ! Cela reviendrais à dire que je suis prêt à m'auto-détruire... aurais-je le courage de passer à l'acte ? Suis-je prêt à prendre ma première décision ?
Texte : En gris Tone ♥, en vert moi.